Elizabeth Street – une rue dédiée à la beauté /// a street devoted to beauty (New York)

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Au coeur de Nolita, sur Elizabeth Street, dans un minuscule périmètre entre Houston Street et Prince Street sont regroupées depuis peu quelques – unes des meilleures adresses beauté new-yorkaises.

Le parcours commence un peu en dessous de Prince, au n°198 chez Portia & Manny où l’on trouve des vêtements vintage seventies et des manucures impeccables pour 22$ au nailbar Valley.

En remontant,au n°233, le Labo Parfums, un éditeur de fragrances cosmopolite (voir à ce sujet le post dédié http://wp.me/p1tWRW-bG) propose des jus surprenants et attachants dont le très confidentiel  Tubéreuse 40 (une tubéreuse accompagnée de 39 autres composants) qui outre le snobisme de n’être exclusivement trouvable qu’à Nolita, est un costaud ravissement pour les sens.

Juste à côté du Labo Parfums, la quatrième adresse new-yorkaise des australiens d’Aesop a ouvert il y a quelques semaines au n° 232. Aesop est un pionnier du genre offrant des onguents et formules cultissimes pour le visage, corps et cheveux à la composition principalement naturelle et extrêmement efficace (le contour des yeux au Persil est miraculeux, les gels douches et crèmes sont olfactivement divins), le tout emballé dans un packaging minimaliste agrémenté de citations de Sigmund Freud. La boutique de Nolita a été réalisée par l’architecte Jeremy Barbour qui a utilisé des anciennes copies du  The New York Times compressées comme matériau de construction.

Enfin  au n°269, Love, Adorned est le nouveau concept-store incontournable offrant une très belle sélection de bijoux, accessoires, articles de maison et produits de beauté pointus et introuvables en Europe dont les pains de shampooing de J.R Liggets au look suranné à la recette 100% naturelle provenant de Nouvelle-Angleterre (env. 7$).

  •  Adresses:
  • Portia & Manny 198 Elizabeth St.– New York 10012,
    Tel. 001.212-219-6400
  • Le Labo 233 Elizabeth St. – New York 10012, Tel. 001.212 -219-2230
  • Aesop 232 Elizabeth St. – New York 10012, Tel. 001.212-431-4411
  • Love, Adorned 269 Elizabeth St. – New York 10012, Tel. 001.212-431-5683

English Version
In the heart of Nolita, in a very small perimeter between Houston and Prince are located the best beauty spots of Manhattan. During our last visit, we started with Portia & Manny (seventies  vintage garb on one side, $22 manicures from Valley Salon on the other), then we went to le Labo Parfums (astonishing  modern fragrances including the Tubereuse 40 only available in the NY branch -see our post about it http://wp.me/p1tWRW-bG). We could not resist and entered the newest Aesop store (high-end, efficient natural Aussi skincare/haircare. Minimalist packagings with Sigmund Freud quotes). The Nolita store has just opened and  was designed by the architect Jeremy Barbour using old copies of The New York Times as building materials. Finally we picked up some old-fashioned, natural J.R Liggets shampoo bars (7 $) at Love, Adorned, a lifestyle concept store offering smart tools for home, body and travel.

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Jugetsudo – authentiques thés Japonais à Paris /// Jugetsudo – authentic japanese teas in Paris

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 Où trouver du thé japonais de qualité à Paris?

Pour s’initier à l’art et aux délicats parfums des crus japonais, autant le dire tout de suite, les thés nippons de certaines grandes maisons françaises ne sont pas fameux, démontrant que cela n’est clairement pas leur point fort (notamment valable pour l’enseigne aux sachets noirs brillants).

Jugetsudo (« l’endroit où l’on regarde la lune« ),  au cœur de Saint-Germain des Prés est une adresse garante d’authenticité.  Maison Japonaise de nori (l’algue noire recouvrant les sushis très usitée dans la cuisine japonaise) et de thés, elle propose des variétés typiques aux feuilles puissantes et fines telles que gyokuro, matcha, sencha, genmaïcha (au riz soufflé), hojicha, ainsi que des mélanges plus exotiques dont le merveilleux thé vert au Yuzu, ce petit agrume magique, incroyablement parfumé, si terriblement japonais.

Sur rendez-vous, des séances accélérées de cérémonie du thé autour du matcha (45 minutes versus les 4 heures réglementaires) y sont organisées durant lesquelles le rituel hautement codé et influencé par une approche zen (Cha-Zen) sollicite les cinq sens, permettant d’atteindre un état de calme, de contemplation et de recueillement tout en dégustant cet élixir émeraude à la teinte d’une profondeur infinie.

La boutique offre l’une des plus belles sélections à Paris de services à thé en fonte et céramique, et d’objets japonais autour du thé  confectionnés avec un savoir-faire ancestral (prix en conséquence).

En somme,  chez Jugetsudo rien n’ est japonisant mais tout est authentiquement japonais…

English version:

Where to find high quality Japanese tea in Paris?  As I am not a big fan of the Japanese teas available in the most renowned French chains of tea stores (especially the one selling tea in small shiny black bags), I go instead to Jugetsudo (« the place where the moon is seen »), a tearoom located in the heart of Saint Germain des Prés, well-known for its teas as for its nori leaves (the black seaweed used in the sushis and the Japanese cuisine). Here one can sip or take away  traditional teas such as gyokuro, matcha, sencha, genmaïcha (with crispy rice), hojicha and exotic kinds such as the Yuzu Green Tea made with Yuzu, a small citrus with a delicate,  perfumed flavour. By appointment one can also attend a quick (45 minutes instead of 4 hours) traditional Matcha tea ceremony influenced by the zen ritual (Cha-Zen).  The boutique offers one of the most beautiful selection in Paris of Japanese traditional hand-made stemware, teapots, cups and tea accessories  (prices accordingly).



Parfumerie Penhaligon’s (Londres & Paris) – Des fragrances pas si vintage que cela… /// Penhaligon’s Perfumers (London & Paris) – not so vintage fragrances…

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Saut impromptu à l’initiative de C. à la boutique Penhaligon’s, le parfumeur officiel de la reine Victoria  et de la Cour d’Angleterre, qui parfume discrètement les cous et les poignets depuis plus de 140 ans.

La question qui taraude: les compositions Penhaligon’s centenaires pour certaines d’entre elles, ne sont elles pas trop rétro et vintage aujourd’hui? Ou peuvent elles  encore nous surprendre à une ère où les nez ne cessent d’innover et d’explorer des terra incognita olfactives?

Démonstration dans la boutique parisienne tout en bois sombre, où les bouteilles d’un autre temps vous attendent sagement rangées par famille. Les partitions florales ouvrent la découverte, avec des soliflores classiques et féminins (Bluebell, Lily of the Valley, Elisabethan Rose). Pour le moment, c’est « british vintage » en diable.  Les boisés prennent le relais et les certitudes commencent à s’estomper à la senteur du texturé Opus 1870 (un boisé chypré enveloppant le sillage d’effluves de santal et de cèdre). Tout devient confusion et surprise avec les épicés, heureux festivals de condiments dont le très réussi Malabah. La dernière famille, les frais se compose essentiellement de colognes traditionnelles à la tenue impeccable (ce qui n’est pas évident à trouver), dont une étonnante et sensuelle lavande, Lavendula,  pas méridionale pour un sou.

Touches de parfum à l’appui, Penhaligon’s est une maison qui surprend. Elle se questionne, se renouvelle,  et se réinterprète constamment à travers des fragrances à la fois élégantes et pincées de ce si singulier « twist » britannique. Mais surtout Penhaligon’s capte l’instant, le met en bouteille, puis le porte brillamment à travers le temps. Ses créations d’aujourd’hui devenant les nouveaux classiques de demain ou celles d’hier les must have du moment… Une belle redécouverte, merci infiniment à C.

P.S. A noter, un très beau jus qui sort à la rentrée « Juniper Sling« , cocktail frais de Gin, de gingembre à la composition non dévoilée pour le moment, débordant de fraîcheur tout en étant irrésistiblement grisant.

English version:

Thanks to C. few week-ends ago, we went spontaneously to the parisian Penhaligon’s boutique, the appointed perfumer of the Queen Victoria. While entering the shop, the big question was : as many of their perfumes had been created decades ago, are they not too vintage and old fashioned now? can they still be modern and surprise us?

On the main table of the boutique, a portfolio of 34 small bottles  classified according to their scent category was waiting. The fragrant adventure started with the floral scents.  Definitely classic and feminine (« Bluebell », « Lily of the Valley », « Elisabethan Rose »), incredibly vintage. Woody scents were next, increasing the level of surprise. The old school image of the perfumer suddenly vanished when I smelt « Opus 1870 » (a warm, wrapping breath of sandalwood and cypress) or the multi textured spicy fragrances including the brilliant « Malabah ». Fresh scents was the last category left consisting of mainly traditional « eaux de colognes » of very high quality (pretty long lasting on the skin). Among them, a sensuous, unexpected lavender « Lavendula », far from the cheap scents  from Provence.

Through its elegant, impeccable yet surprising scents,  Penhaligon’s has steadily renewed and reinvented itself. But above all, Penhaligon’s knows how to capture the moment, to put it into a bottle and to make it brilliantly alive and desirable over the years.  Today’s hot scents will be tomorrow’s new classics as the ones from yesterday are our current must-haves… Many thanks to C.

P.S. In September, a new scent called « Juniper Sling » will be launched. Made of gin and ginger (fully detailed list of ingredients has been so far kept secret), it is both an intoxicating and invigorating cocktail for the soul.


Comme des Garçons Parfums Paris – Essences d’imaginaire

J’ai enfin franchi la porte de cette boutique à l’étrange vitrine framboise, glissante, surréelle et hypnotique devant laquelle je suis passée une centaine de fois sans oser y entrer. Au fond, un mur blanc minimaliste et sur toute la longueur des flacons de parfum de toutes sortes: carrés graphiques aux typographies disproportionnées, galets futuristes, bouteilles discrètes.

Depuis 25 ans,  Comme des Garçons créé, expérimente sans relâche des fragrances d’avant-garde, parfois même qualifiées d’incorrectes.

Les premiers essais sont timides, déroutés par des odeurs métalliques, boisées, émouvantes, innovantes ou d’un autre monde.  L’amorce fut quelques gouttes de Hinoki (cyprès nippon) pour le très snob magazine Monocle, qui  propulsées dans l’air ont soudain fait apparaître « mon » Japon. Celui des maisons seigneuriales et des temples tout en bois, des bains publics chauffés à l’eau des volcans où  les bancs des bassins sont en conifère tout humides, exhalant leur essence alors que le corps est assommé par la chaleur brûlante de l’eau. L’imitation est si parfaite que les Japonais ne l’achèteraient pas, trop proche de leur réalité.

Un autre coup de coeur est la très réussie série 3 « Incense », collection de fragrances spirituelles autour de l’encens  objet de culte. Alors que la médiévale Avignon transpire les volutes  d’encens à travers les lourdes tentures et la pierre épaisse des cathédrales (camomille, ciste, patchouli, encens et palissandre) plongeant le spectateur dans une fascinante obscurité,  Zagorsk renferme un encens  lumineux associé au bouleau blanc, à la violette et l’iris, aussi cristallin qu’un chant religieux  d’un choeur de femmes aux yeux clairs montant dans le ciel d’hiver de ce haut lieu de pèlerinage de l’orthodoxie russe.  At last but not least, je suis conquise par la magistrale Kyoto, faite d’encens calmes, de cèdre, de vétiver chaud, de cyprès méditatifs et qui après quelques heures passées sur la peau s’estompe, meurt, tout en prenant une direction plus animale, voire inconnue.

Des pulvérisations, de l’air et soudain le décor s’efface pour mieux laisser place à des apparitions, à des récits imaginaires. La vendeuse me réveille de cette si douce torpeur, et me rappelle que l’heure de la fermeture est arrivée. Ce qui n’a fait que brusquer mon évidente décision; à défaut d’y être, je porterai Kyoto et ses encens à mon cou, petit hommage vibrant à cette si grande ville à qui je dois tout.

l’Inde en plein coeur de l’Autriche – INDIA à Vienne

Dans une des petites rues se trouvant derrière la cathédrale Saint Etienne (Stephansdom) à Vienne, au milieu des calèches pour touristes et des minis Sissis en mako moulages dupliquées à l’infini dans les vitrines des magasins de souvenirs, se trouve INDIA, l’une des plus belles boutiques de soieries, tissus et vêtements indiens que j’ai vue jusqu’à présent (boutiques in situ en Inde incluses).

A mille lieux des fastes cheaps et multicolores, des indienneries douteuses et trop criantes de folklore, le goût et la qualité sans compromis dictent leurs lois chez INDIA et c’est tant mieux.

On y passerait des heures à faire son choix, ivre de couleurs, les doigts ravis de caresser de si belles étoffes d’une finesse, d’une douceur et d’un calibre comme on en trouve rarement.  La soie d’INDIA est un lourd souffle enveloppant, elle est si belle que l’on se rend  soudain compte que l’on en faisait plus de semblable depuis longtemps. Quant aux réinterprétations des vêtements traditionnels Autrichiens dans des imprimés graphiques fabriqués «à l’indienne», ce sont de beaux mélanges bousculant les codes classiques,  apportant un regard inédit. Enfin, les articles pour la maison (beaucoup de pièces en tissus) sont déclinés dans une multitude de subtiles demi-teintes ou d’imprimés métissés mi Autrichien – mi Indien ou d’ailleurs.

Depuis deux générations INDIA est un voyage dans le voyage qui nous rappelle que l’Autriche est presque à l’extrême est de l’Europe, presque aux portes d’un autre monde. On imagine alors une route de la soie entre Jaipur et Vienne bien vivante, pleine de péripéties, nous offrant à l’arrivée d’admirables trésors du lointain. Danke schön INDIA!

  •  Adresse:
  • INDIA, Strobelgasse 2 -1010 Vienne,  Tel.: + 43 1 512 51 96
  • www.india.co.at 

Deutsche Nostalgie à Paris

Il y a quelques années, je suis restée presque deux ans en Autriche et en Allemagne.  Parfois, je l’avoue, Hambourg, le Strudel à la crème fraîche, la profondeur et la justesse des mots en Deutsch, les lacs en été, les Wurst (saucisses) aux herbes fraîches agrémentées de moutarde sucrée bavaroise, les neiges alpines et les nuits Berlinoises me manquent.

En cas d’assaut de nostalgie, je me rends dans ces quelques lieux parisiens typiquement germains tenus principalement par des expatriés et accueillant les déracinés, les âmes errantes en mal de Teutonie et les curieux.

 Pour une envie de Currywurst ou de Strudel…  Incroyable mais vrai, à deux pas du très chic Palais-Royal, rue de Richelieu plus précisément, on peut assouvir comme à Berlin ses envies de Currywurst (saucisse à la sauce curry réinventée) et autres snacks frais au Stübe (« petit salon »). Cet Imbiss (snack) n’a rien d’aseptisé, au contraire, tout y est frais et fait maison, le staff est aux petits soins. Mentions spéciales aux Strudels aux pommes, aux griottes ou pavot accompagné de Schlagsahne (crème fouettée), à la Linzertorte, à la Becks (bière blonde) pression, à la choucroute et aux sandwichs à demander avec de la moutarde sucrée comme en Bavière.  Pour un strudel réussi, il y a aussi ceux de Florence Kahn rue des Rosiers, le meilleur traiteur – delicatessen yiddish de la rue.

Le Stübe

 Pour une envie de Beck am Fass, de Kölsch et de Paulaner en écoutant de l’électro… Udo Bar est un coin échappé de Berlin  planqué dans une rue résidentielle du 11ème . Il n’y a rien de mieux qu’une légère et rafraîchissante Kölsch (bière blonde, de Cologne) agrémentée d’une Brat ou Currywurst (saucisse) et de douce electro en début de soirée. Laissez le temps filer jusqu’à ce que la nuit tombe, l’ambiance simple et chaleureuse monte, le débit de bière augmente et les beats s’affolent.  Cosmopolite, détendu et bon enfant, on y est!

 Pour une envie de lire du Paul Celan ou du Thomas Mann dans le texte… La librairie Marissal Bücher est à deux pas de Beaubourg. Pour quelques lectures auf Deutsch, le choix de livres et revues le plus complet à Paris.

 Pour une envie de pains d’épices ou de süsser Senf (moutarde sucrée Bavaroise)… Der Tante Emma Laden est une épicerie allemande au cœur du marché de la Porte Saint Martin, qui propose mille et une spécialités, de la charcuterie, des spécialités à emporter, de la bière.