Que ramener de Vienne? Dix objets viennois incontournables

Tel un inventaire à la Prévert, voici notre sélection de dix objets coups de cœur terriblement viennois, quasiment introuvables ailleurs.

1.Un chapeau de chez Mühlbauer

Un chapeau Mühlbauer est une valeur sûre. Depuis quatre générations ce haut lieu du couvre chef viennois habille les têtes de ses créations faites main aux coupes et proportions impeccables. Dans la très belle boutique de la Seilergasse au cœur du centre historique, on est grandement tenté de tout essayer.

2.De la Kurbiskernöl

De la quoi? de l’huile de pépin de courge. Une spécialité Autrichienne qui vient rehausser délicatement les plats (et surtout les salades) de ses arômes arrondis proches de la noix. Sa teinte vert profond est unique, c’est celle d’un lac sans fond. La Kurbiskernöl se trouve dans la plupart des supermarchés de la ville, nous l’achetons de préférence dans une « Reformhaus » (magasin de produits bio), chez Staudigl dans le centre.

3. De la soie

A deux pas de la  cathédrale se trouve INDIA, la plus  belle boutique de soieries, tissus et vêtements de la ville. La soie d’INDIA vendue au mètre ou sous formes de foulards et d’étoles est un doux souffle enveloppant. Certaines pièces  sont des réinterprétations de motifs traditionnels Autrichiens fabriqués selon des techniques et dans des matériaux indiens. Ces pièces métissées et graphiques sont de loin nos préférées. Egalement de nombreux vêtements et articles pour la maison (en tissus) déclinés dans de subtiles demi-teintes. Prenez votre temps, la boutique est grande, le choix y est conséquent.

4. Une Sachertorte

Péché mignon de l’Empereur François Joseph I, la Sachertorte (littéralement « tarte Sacher ») est un gâteau au chocolat fourré à la gelée d’abricot. Cette pâtisserie été créée au Sacher café par Monsieur Sacher en 1832. Depuis elle y est toujours confectionnée selon une recette top secrète restée inchangée.  Comme le définit si joliment le chef d’orchestre Lorin Maazel, la Sachertorte est « un symbole comestible de Vienne qui fait fondre le passé dans la bouche ». On peut la trouver in situ au café éponyme, prête à glisser dans sa valise, emballée dans une belle boîte en bois carrée.

5. des planches d’images naïves

La papeterie-magasin de souvenirs Katzer plonge dans l’enfance. Ses vitrines sont recouvertes de planches d’images naïves d’oiseaux, de fleurs, de personnages d’un autre temps. Ces trésors de papier s’achètent individuellement.

6. des Bretzels

Parce qu’en Autriche et en Allemagne, les bretzels frais sont irrésistiblement fondants et enveloppent le palais d’une douceur régressive. Rien à voir avec les petits ersatz secs et trop salés que nous avons ici. Les bretzels frais s’achètent dans toutes les boulangeries. Goûtez à ceux recouverts de pépins de courge si typiquement Autrichiens.

7. Des verres en cristal

La cristallerie Lobmeyr officie depuis 1823. Elle a fourni la cour d’Autriche et aujourd’hui encore ses services de table impériaux et lustres magnifiques peuvent être admirés  à la Hofburg. Les services sont répartis en deux lignes nettes:les gammes ultra classiques aux verres dorés ou gravés dans la masse et les services contemporains aux lignes si pures, majestueuses et aux parois si fines. Dans l’enseigne de la Kärnnternstrasse, on trouve également ub beau choix de porcelaines, de couverts, de lustres et d’objets.

8. Une veste en loden

Folklorique, classique, la veste en Loden doit être portée de manière décalée pour éviter un effet guindé. Sa coupe structurée apporte de l’allure, sa laine épaisse de la chaleur. A trouver chez Loden Plankl, la référence en matière de costumes traditionnels autrichiens en face de l’entrée de la Hofburg.

9. Un livre d’art

De préférence de chez Prachner. Cette librairie spécialisée dans l’art est très fournie et pointue.  Beaux albums pour les enfants.

10. Un objet ancien

Déniché par hasard et au gré des envies au Flohmarkt, le marché aux puces ouvert tous les samedis de 6h30 à 18h.

  •  Carnet d’adresses:
  • Mühlbauer Seilergasse 10, A-1030 Vienne, Tel: +43 (1)5335269 http://www.muehlbauer.at/content/
  • Staudigl Wollzeile 25, A-1030 Vienne, Tel: +43 (1)5124297
  • INDIA Strobelgasse 2 -1010 Vienne,  Tel.: + 43(1)5125196  www.india.co.at 
  • Café Sacher Philarmonikerstrasse 4, A-1030 Vienne, Tel:+43 (1)5121487
  • A.Katzer Wollzeile 5,-1030 Vienne, Tel: +43 (1)512 6278 
  • Lobmyer Kärntner Strasse 30, A-1030 Vienne, Tel: +43 (1) 5120508 http://www.lobmeyr.at
  • Loden Plankl Michaelerplatz 6, A-1030 Vienne, Tel: +43 (1)533 8032  http://www.loden-plankl.at/
  • Prachner Kärntner Strasse 30, A-1030 Vienne, Tel: +43 (1) 5128 5490
  • Flohmarkt (marché aux puces) Wienzeile, 4e et 6eme arrondissement, Métro Kettenbrückengasse (U4).
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Bologne : nos meilleures adresses

Bologne la méconnue doit être une ville bien agréable à vivre, et ce pour un nombre incalculable de raisons: l’ocre de ses bâtiments illumine  les visages, les colonnes des galeries qui longent ses rues vous plongent  alternativement et à l’infini dans l’ombre puis dans la lumière, Umberto Eco et Pier Paolo Pasolini en sont originaires, universitaire depuis presque un millénaire, savante et réflexive, on y croise un étudiant tous les mètres et une librairie quasiment tous les deux cents. Enfin et surtout, là-bas la gastronomie semble n’obéir qu’à deux principes: abondance et qualité.

De la lumière, de la réflexion, des livres et de la gastronomie. Un quotidien synonyme d’idéal. Une ville si plaisante à découvrir et d’où nous avons ramené ces belles adresses.

Nos endroits coups de coeur:

il Palazzo dell’Archiginnasio, siège de l’université de Bologne. À l’intérieur le théatre anatomique en bois de cèdre et sapin du  17ème siècle fut le lieu des expérimentations de la faculté de médecine.

La Pinacothèque nationale, le musée principal de la ville renferme des oeuvres de l’école bolonaise, et un tableau de Giotto bien singulier. L’intérieur des galeries conçu par Leone Pancaldi est un beau témoignage de l’architecture moderne italienne: les lignes sont pures et intelligentes. Les matériaux nobles traversent le temps en prenant une belle patine.

Restaurants:

lors de notre visite, un mythe s’est effondré. Les pâtes à la bolognaise n’existent pas là-bas (alors que partout ailleurs si). Il s’agit en fait de tagliatelle al ragù, qui résument parfaitement la cuisine Emilienne : grasses, savoureuses et pleine de texture. Dégustations réussies de jambons crus, fromages, tortellini et autres pâtes chez Al Pappagallo, All’Osteria Bottega ou à la trattoria Serghei (trois bonnes adresses de cuisine traditionnelles).

L’intérieur du Pappagallo
Un nuage de jambon cru, des copeaux de parmesan et des artichauts croquants chez Al Pappagallo
la pasta al ragù. L’un des secrets de la recette consiste à utiliser en guise de viande, à la fois du boeuf et du veau

Pour déjeuner copieusement et sainement avant/après la visite du musée d’art contemporain (le MAMbo), nous vous recommandons le restaurant-café du rez de chaussée, le Ex Forno del Pane. Confortable à souhait et le week-end, brunch à volonté très prisé par les Bolognesi.

le généreux brunch de l’Ex Forno del Pane

Shopping:

On ne peut repartir de Bologne sans ramener des livres, et des spécialités locales. Les deux se trouvent au même endroit: à la (géniale) librairie-osteria-café Eataly où sur plusieurs niveaux, les livres, les jambons, les bouteilles de vin sont généreusement mis à votre portée (on peut même lire sur place les livres à vendre avec un verre de vin à la main).

Eataly se trouve dans le quartier Mercato di Mezzo, où sont concentrés sur quelques rues  les meilleurs commerces de bouche de la ville (traiteurs, maraîchers, fromagers, boulangers etc.). Le Mercato di Mezzo provoque un étourdissant mélange de couleurs, de saveurs et d’odeurs. Les plus belles adresses de ce paradis gastronomique sont Tamburini (un traiteur qui sert également 200 vins différents à déguster au verre), l’illustre et ancienne boulangerie Atti Panificio et la charcuterie Simoni.  En dehors du quartier, la sélection de l’Enoteca Italiana ravira les amateurs de vins (dégustation sur place ou à emporter).

dans le Mercato di Mezzo

Hôtels:  

Bien sûr il y a le magnifique I Portici Hôtel, un palazzo réhabilité, immaculé, à l’intérieur ponctué de nombreux détails d’origine (très belles fresques et plafonds). Les chambres y seraient (d’après nos espions) confortables, le service impeccable (checker les offres spéciales sur leur site ci-dessous).

Mais il y a à Bologne notre Bed and Breakfast préféré toutes villes confondues, le Il b di Bologna situé tout près de la gare. Quatre chambres à la décoration minimaliste mais chaleureuse, où l’on se sent tout de suite comme  chez-soi. Les hôtes sont d’une rare (et vraie) gentillesse, le petit-déjeuner gargantuesque. Idéal en amoureux ou en famille.

Il b di Bologna
  • Adresses:
  • Al Pappagallo, Piazza della Mercanzia 3, Tel. 39 051 232807
  • All’Osteria Bottega Via Santa Caterina 51, Tel. 39 051 585 111
  • Trattoria Serghei Via Piella 12, Tel.39 051 233533
  • Ex Forno del Pane Via Don Minzoni 14, Tel.39 051 6493896
  • Mercato di Mezzo Via Peschiere Vecchie, quartier de la Piazza Maggiore (du lundi au samedi inclus de 7h à 13h puis de 16h15 à19h30 fermé le jeudi après midi et le dimanche).
  • Eatitaly Via degli Orefici, 19, Tel. 39 051 095 2820 www.eataly.it
  • Tamburini Via Caprarie 1, Tel.39 051 234 726
  • Atti Panificio Via Drapperie 6  Tel.39 051 233 349
  • Simoni Via Drapperie 5/2a Tel.39 051 231 880
  • Enoteca Italiana Via Marsala 2/b, Tel. 39 051 235 989 www.enotecaitaliana.it
  • I Portici Hôtel Via dell’Indipendenza, 69Tel. 39 051 42185 http://www.iporticihotel.com/fr
  • Il b di Bologna Piazza XX settembre 5, Tel. 39 051 19901444 (réservations par téléphone ou via booking) http://www.facebook.com/pages/Il-b-di-bologna/140789376023764

Potsdamer Strasse – Berlin: le nouveau lieu de prédilection de la scène artistico-culturelle

La scène artistique et culturelle Berlinoise aime jouer au  jeu de chaises musicales. Elle est capable du jour au lendemain de s’arroger un nouveau quartier et de le proclamer nouveau centre névralgique tout en chassant soudainement les lieux établis.

Depuis quelques mois à peine, cette scène a un nouveau périmètre de prédilection près du quartier de Tiergarten, au milieu de la über banale Potstdamer Strasse, une grande avenue grise bordée de casinos aux néons trop colorés, d’immeubles mornes des années soixante, de jeunes femmes tristes venues d’ailleurs vendant leurs charmes sous les yeux hagards de leurs proxénètes.  Lorsque l’on arrive dans le quartier, on peine à imaginer que tant de choses s’y jouent désormais. En réalité, il faut arpenter les grandes cours attenantes à l’artère pour prendre conscience de l’ampleur du phénomène.

Les galeries d’art y ont émergé ces derniers mois les unes après les autres ( Klosterfelde au n° 93, Klosterfelde Edition au n°97, la londonienne Blain/Southern au n°77 ouverte depuis avril, et la Nolan Judith Gallerie depuis le mois dernier au n° 83).

Et surtout, après avoir fermé sa boutique courue de Mitte, préfigurant la fin de règne de ce quartier, Andreas Murkudis (le grand manitou de la fashion locale, le premier à avoir proposé aux berlinois des pièces Margiela et Yamamoto) a ouvert dans une ancienne et immense imprimerie son nouvel espace  d’environ 1000 m2 qui est sur le point de devenir  LE concept store inévitable en Allemagne (cour des n°77-87, accessible au niveau du n°79). La sélection de vêtements, accessoires (homme, femme), maison, livres, beauté est nécessairement pointue, impressionnante tout en étant minimaliste (des impondérables tels que Margiela, Céline, Aesop etc. y côtoient des trouvailles telles que les admirables pulls en cachemire Johnston of Eligin, les magnifiques tissus Dries Van Noten au mètre provenant des anciennes collections du créateur, la ligne de produits de beauté Susanne Kaufmann, les meubles des designers allemandes E15 etc.).

Pour le moment, de jour comme de nuit, la Potsdamer Strasse ne semble pas outre mesure bousculée par ses nouveaux arrivants, le processus de gentrification étant à peine entamé. Le microcosme artistico-culturel berlinois pourra t-il, voudra t-il s’approprier ce quartier loin de ses habitudes?  Seul le temps répondra… En attendant allez y pour humer le Zeitgeist, l’air du temps…

  •  Adresses:
  • Klosterfelde Potsdamer Strasse 93 – 10785 Berlin
  • Klosterfelde Edition Potsdamer Strasse 97 – 10785 Berlin
  • Blain/Southern Potsdamer Strasse 77 – 10785 Berlin http://www.blainsouthern.com/gallery-info/berlin
  • Nolan Judith Gallerie Potsdamer Strasse 83 – 10785 Berlin
  • Andreas Murkudis, Potsdamer Strasse 77-87 Haus E (accessible au niveau du n°79), 10785 Berlin  http://www.andreasmurkudis.com/

Comme des Garçons Parfums Paris – Essences d’imaginaire

J’ai enfin franchi la porte de cette boutique à l’étrange vitrine framboise, glissante, surréelle et hypnotique devant laquelle je suis passée une centaine de fois sans oser y entrer. Au fond, un mur blanc minimaliste et sur toute la longueur des flacons de parfum de toutes sortes: carrés graphiques aux typographies disproportionnées, galets futuristes, bouteilles discrètes.

Depuis 25 ans,  Comme des Garçons créé, expérimente sans relâche des fragrances d’avant-garde, parfois même qualifiées d’incorrectes.

Les premiers essais sont timides, déroutés par des odeurs métalliques, boisées, émouvantes, innovantes ou d’un autre monde.  L’amorce fut quelques gouttes de Hinoki (cyprès nippon) pour le très snob magazine Monocle, qui  propulsées dans l’air ont soudain fait apparaître « mon » Japon. Celui des maisons seigneuriales et des temples tout en bois, des bains publics chauffés à l’eau des volcans où  les bancs des bassins sont en conifère tout humides, exhalant leur essence alors que le corps est assommé par la chaleur brûlante de l’eau. L’imitation est si parfaite que les Japonais ne l’achèteraient pas, trop proche de leur réalité.

Un autre coup de coeur est la très réussie série 3 « Incense », collection de fragrances spirituelles autour de l’encens  objet de culte. Alors que la médiévale Avignon transpire les volutes  d’encens à travers les lourdes tentures et la pierre épaisse des cathédrales (camomille, ciste, patchouli, encens et palissandre) plongeant le spectateur dans une fascinante obscurité,  Zagorsk renferme un encens  lumineux associé au bouleau blanc, à la violette et l’iris, aussi cristallin qu’un chant religieux  d’un choeur de femmes aux yeux clairs montant dans le ciel d’hiver de ce haut lieu de pèlerinage de l’orthodoxie russe.  At last but not least, je suis conquise par la magistrale Kyoto, faite d’encens calmes, de cèdre, de vétiver chaud, de cyprès méditatifs et qui après quelques heures passées sur la peau s’estompe, meurt, tout en prenant une direction plus animale, voire inconnue.

Des pulvérisations, de l’air et soudain le décor s’efface pour mieux laisser place à des apparitions, à des récits imaginaires. La vendeuse me réveille de cette si douce torpeur, et me rappelle que l’heure de la fermeture est arrivée. Ce qui n’a fait que brusquer mon évidente décision; à défaut d’y être, je porterai Kyoto et ses encens à mon cou, petit hommage vibrant à cette si grande ville à qui je dois tout.

Hôtel Market à Barcelone – le confort et le design infiniment raisonnables

Où trouver dans le quadrillage barcelonais un hôtel à dimension humaine, reposant, décoré avec goût et aux prix infiniment corrects?

Tout près du Marché San Antonio et du point névralgique qu’est la Plaça de Catalunya (10 mn à pied), se trouve l’hôtel Market, précieuse adresse révélée par les pages futées du New York Times Travel.

Les chambres reposantes décorées de bois, tout en noir et blanc sont en général équipées d’un grand lit immaculé et accueillant qui titille votre sommeil. Le bar accueille les insomniaques, le restaurant les affamés. Le staff y est détendu et discret.

Entre deux nuits passées dans des chambres de chaînes aseptisées, le charme du lieu m’a sauvé la vie à plusieurs reprises.

Prix variables en fonction des offres, comptez environ 90€ pour une chambre double.


Xibo – Un restaurant trendy & ouïghour à….Shanghaï

A l’extrême ouest de la Chine tout contre la frontière russe, se trouve la région autonome ouïghoure du Xinjiang, appelée également Turkestan oriental.
A l’autre extrême du pays, dans le quartier de la concession française de Shanghaï, on peut goûter la cuisine de l’une des plus petites minorités chinoise provenant de cette région, les Xibo (ou Xibe).

Kuo Xin Rui, xibe elle-même et originaire de Chapchal un village situé à une heure en voiture du Kazakhstan, a ouvert l’année dernière le tout premier restaurant xibe de la ville avec pour défi de faire connaître aux Shanghaïens sa culture et des spécialités culinaires qui restent très peu répandues (mises à part les brochettes de mouton rapidement avalées que l’on trouve parfois dans les gargotes de rue et qui sont en gros l’équivalent en Chine du kebab). Elle est allée chercher elle-même son chef cuisinier dans le Xingjiang qui ensuite a été formé par sa mère.

Sont nés de nombreux aller-retours est-ouest une cuisine aux influences multiples, à la croisée des continents composée de viandes, de légumes frais, de produits laitiers et relevée d’épices rares provenant directement des montagnes xibe. Bien que de prime abord les plats servis nous font imaginer un climat bien rude dans ces contrées, ceux-ci se révèlent être paradoxalement d’une très grande finesse:  raviolis à la citrouille, délicieuses brochettes de mouton et boeuf délicatement relevées, nouilles fraîches et épaisses à la coriandre et aux épices (l’une des spécialités xibe juste à tomber) pain cuit sur place dans le four traditionnel du restaurant.. Les desserts sont exquis,notamment la pannacotta au Jasmin.

Le cadre est reposant, sobre et moderne tout en bois et en béton brut (ce qui peut changer du clinquant cheap de nombreux restaurants de la ville). On y  salue la générosité et la belle énergie de ces  jeunes Shanghaïens à peine trentenaires à l’initiative de cet ambitieux projet: alors que Kuo Xin Rui est toute jeune,  la décoration a été confiée à un jeune architecte et les photos décorant le couloir d’entrée sont des clichés pris par un l’un de leurs amis photographe parti à la rencontre des xibe l’appareil sous le bras.

Kuo Xin Rui bien entourée et l’intuition juste a rempli haut la main son objectif puisque Xibo connaît un joli succès auprès des Shanghaïens et des expatriés (et donc réservez avant d’y aller). Merci@Bobo


Tokyo – PlusMinusZero: l’ivresse de l’évidence, le vertige de la discrétion

Naoto Fukasawa est un designer du quotidien obsédé par le beau et l’évidence. Star japonaise du design, il est probable que vous ayez déjà croisé l’une de ses créations (lecteur CD mural de chez Muji, mobilier chez Boffi, Driade, B&B, Artemide etc.) ou pas, tellement elles peuvent passer inaperçues dans la tourmente du quotidien.

Pourtant lorsqu’on est un peu plus attentif, on est au cœur de l’esthétisme Japonais, on sent que l’on effleure la perfection des proportions (je n’avais jamais imaginé pouvoir tomber en pâmoison devant une machine à café aux dimensions si parfaites), de la fonctionnalité (technologie et matériaux de pointe) et de l’évidence tant chaque objet se dissout dans son environnement et se réduit à sa plus simple expression. En même temps il  procure le plaisir de l’usage, du simple regard ou du toucher. Ses créations sont infiniment belles et délicates, l’air de rien, elles nous invitent à réinventer les gestes du quotidien.

 A Tokyo, dans une ruelle calme du quartier Aoyama, la boutique de sa maison d’édition d’objets PlusMinusZero propose des chaises, des téléphones portables, des carnets, des purificateurs d’air, des écrans à cristaux liquides, des horloges  et autres objets de tous les jours produits en séries limitées et fabriqués de manière quasi-artisanale. Le cadre est ultramoderne, lumineux, d’un minimalisme irrésistible, un écrin ad hoc pour ces objets qui nous procurent l’ivresse de l’évidence, le vertige de la discrétion.

 A Paris, quelques boutiques proposent  également ses créations de manière confidentielle http://en.plusminuszero.jp/shop_list/view/12  (l’évidence et le taux de change ont toutefois un prix).