Gran Caffe Gambrinus (Naples) – un café à la marge du temps

Gambrinus est le café historique de Naples où de célèbres et nombreuses figures telles que Verdi, Wilde ou Sartre y ont dégusté des fines pâtisseries locales  légèrement relevées de zestes confits, accompagnées d’apéritifs sucrés ou de ristretti  cardiotoniques servis par des camerieri en queue de pie virevoltant dans ses salons dorés.

Ce qui est fascinant chez Gambrinus et dans de nombreux restaurants, cafés, commerces de bouche napolitains, c’est que depuis des décennies les changements du monde ainsi que les modes y ont laissé bien peu d’empreintes. En basse saison alors que la ville est peu agitée par les touristes cela est d’autant plus patent: face au vide le décorum se révèle être imperturbablement le même, les gestes restent identiques. Les salons de Gambrinus n’ont pas changé d’un iota au moins depuis les années 50, comme s’ils avaient été plongés dans un puissant formol.

Lorsque j’y ai dégusté mon café ce week-end, alors qu’en France la campagne présidentielle occupait les unes et que l’on fêtait le triste 1er anniversaire du désastre de Fukushima, j’étais totalement ailleurs. Face à moi des tables vides, une ambiance de station balnéaire désolée post IIIème guerre mondiale, des serveurs qui plaisantaient entre eux affairés à réchauffer des tasses, et la monumentale  Piazza del Plebiscito désertée sur laquelle, au loin, une piètre fanfare se produisait sans spectateur.

Dans la bouche le goût amer et viril du café adouci par le sucre  lentement, si lentement me conviait tant à m’extraire des contingences du monde qu’à prendre mon temps. Procédé efficace, prodigieux, immédiat. Les tracas, les élections n’avaient plus d’importance et je n’étais plus là mais bien ailleurs et encore mieux dans un autre siècle prête pour une longue promenade au bord de l’eau, à la marge du temps.

  • Adresse: 
  • Gran Caffe Gambrinus Piazza Trieste e Trento, 38 Naples
  • Tel: 081 417 582

Publicités

Vilnius (Lituanie) – Carnet d’adresses, guide de voyage

Vilnius est la plus terrienne des capitales baltes. Verdoyante, entourée de rivières, elle ne connaît pas la mer.

Héritière de multiples  influences et d’époques  qui se superposent sur les façades de ses bâtiments (un peu d’Europe de l’Ouest, un brin de Scandinavie, un peu de Russie, du baroque, du Moyen Âge, de l’Union Soviétique, un zeste de Pologne et d’autres choses encore), elle peut être familière tout en restant si singulière.

La porte de l’Aurore

L’hiver y est particulièrement magique et calme.  Dans les ruelles moyenâgeuses de la vieille ville l’air est emprunt de givre, les pas crissent sous la neige et de doux murmures en énigmatique lituanien bercent le voyageur (il s’agit de la langue vivante la plus proche du sanskrit). Les rues embaument une envoûtante odeur sucrée de conifères consumés lentement dans les feux de cheminée. Lorsque les lourdes portes des églises s’ouvrent, ces effluves viennent s’entremêler aux volutes des opulents encens s’échappant des édifices.

Quelques pas dans ses rues suffisent pour être plongé dans la quiétude et la contemplation. Lointaine et si proche, calme et mystérieuse, Vilnius est une ville à découvrir.

Nous y avons sélectionné quelques adresses triées  sur le volet.

Que faire? Que voir en dehors des sentiers battus?

– aller sur le haut de la tour de Gédimias –le seigneur fondateur de la Ville au XIVème siècle  ou sur la colline des Trois Croix, la plus haute de Vilnius (Triju kryziu kalnas) pour admirer deux panoramas de la ville sur 360 degrés.

Les trois croix
La tour de Gédimias

– pousser les portes des nombreuses églises catholiques et orthodoxes qui renferment des trésors (notamment Saint Pierre et Paul, Saint Anne et Saint François des Bernardins).

– assister à un concert de musique classique au Filharmonija pour le prix d’une séance de cinéma (programmation de haute volée, parmi les plus réputées dans les pays baltes www.filharmonija.lt/en).

– Flâner dans le quartier alternatif d’Uzupis, ancien faubourg déclaré république autonome dont l’indépendance est fêtée le 1er avril.

– Découvrir le château de Trakai flambant neuf grâce à sa récente rénovation et surtout se balader tout autour du magnifique lac l’entourant (à une vingtaine de kilomètres de Vilnius).

Le château de Trakai
Le lac entourant le château de Trakai

– Se détendre grâce à la vapeur d’un sauna noir www.atostogoskaime.lt (maisons d’hôtes équipées)  www.pirtis.lt (sauna).

Où prendre le thé après quelques pas dans la neige?

Au salon de thé- restaurant Pilies Kepyklele. Les pâtisseries y sont délicieuses et ravissent les étudiants et professeurs des facultés environnantes dans un décor tout en bois. Si vous préférez opter pour  un voyage dans le temps, le Neringa  est un restaurant/salon de thé qui fut très populaire auprès des dirigeants soviétiques. Formica, service spartiate, néons jaunâtres, velours turquoise, concerts de standards russes. Rien n’aurait apparemment changé.

Salon de thé-restaurant Pilies Kepyklele
Salon de thé-restaurant Pilies Kepyklele

Où goûter des spécialités lituaniennes? 

A Vilnius:  à la Provence, où est servie une cuisine aux influences françaises et locales mais surtout considérée comme l’une des plus innovantes et intéressantes de la capitale. Pour une cuisine plus typique, notre restaurant préféré s’appelle Gabi et se trouve dans une perpendiculaire de Pilies gatve, en plein centre. Goûtez au chou farci et encore mieux aux koldunai (raviolis locaux farcis à la viande ou aux champignons à la crème fraîche et saupoudrés d’aneth). Zemaiciai offre des menus plus rustiques. Ce restaurant institution où l’on mange dans des caves d’un ancien monastère du 16ème siècle est très populaire auprès des visiteurs des pays voisins. Ambiance à la bonne franquette.

Koldunai à la crème fraîche et à l’aneth chez Gabi

A Trakai: ne ratez pas Apvalus Stalo Klubas, un restaurant cossu, romantico-désuet à la vue cinématographique sur le château. Une partie de l’établissement sert des pizzas, l’autre des spécialités locales raffinées (parmi les plus côtées du pays) incluant notamment les kibinai, spécialité karaïte (chausson farci de viande) et des animelles d’agneau à la kacha (blé concassé) aux aubergines.

Délicieux canard au blé et purée de potimarron à l’Apvalus Stalo Klubas à Trakai
Kibinai (raviolis farcis à la viande et aux champignons) à l’Apvalus Stalo Klubas à Trakai

Où faire ses emplettes?

Sarka signifie « Pie » en lithuanien, c’est aussi une boutique au charme fou proposant des vêtements et des objets vintage sacrément bien sélectionnés  par une mère et sa fille (verres en cristal à 3 €, manteaux en renard 60 €, robes à 7€ etc.). Akuku est une boutique pour enfants. Belle sélection de vêtements, jouets et articles de maison fabriqués dans les alentours avec beaucoup de goût.

La vitrine de Sarka
Sarka vintage

Le très britannique Marks and Spencer sur la magistrale Gedimio Prospekt paraît totalement anachronique. Et pourtant, le fondateur de cette chaîne de grands magasins était lituanien et a émigré en Grande-Bretagne pour y faire fortune. La succursale de Vilnius est donc une sorte d’hommage. La librairie du Centre Culturel Français vend quelques livres sur la Lituanie et quelques œuvres littéraires lituaniennes traduits en français.

Où dormir?

Dans le centre, deux hôtels plein de charme: l’hôtel Narutis (hôtel ouvert depuis 1581 sur Pilies gatve, la rue principale de la vieille –ville),  et le Grotthus hôtel (un des boutiques-hôtels les plus recherchés). Pour des budgets plus serrés l’hôtel Rinno emporte tous les suffrages de Tripadvisor pour son service de qualité (à juste titre) et son emplacement près du centre.

  • Adresses:
  • Filharmonija Ausros vartu 5, Vilnius  www.filharmonija.lt/en
  • Hôtel Grotthuss Ligoninės str. 7, Vilnius – Tel:+3705 2660322  http://www.grotthusshotel.com/index.php?page=home
  • Hôtel Narutis Pilies St. 24, Vilnius – Tel:+ 3705 212284   http://www.narutis.com/
  • Hôtel Rinno Vingriu str. 25, Vilnius – Tel:+3705 2622828 www.rinno.lt
  • Pilies Kepyklele, Pilies 8, Vilnius – Tel: + 3705 2612552
  • Neringa, Gedimino Prospekt. 23, Vilnius – Tel: +370 5  261 4058
  • la Provence Vokieciu 22, Vilnius – Tel: +370 5 262 0257
  • Gabi Sv. Mykolo 6, Vilnius – Tel: +370 5  6432123
  • Zemaiciai Vokieciu 24, Vilnius – Tel: +370 5 2616573
  • Apvalus Stalo Klubas Karaimu 53a, Trakai – Tel: +370 5 5595
  • Sarka Sv. Mykolo 4, Vilnius – Tel:+3706 8720163 http://sarkashop.lt
  • Akuku Skapo  3 -1, Vilnius – Tel:+370 61514030 http://www.akuku.lt 
  • Librairie du Centre Culturel Français Didzioji 1, Vilnius – Tel:+ 370 2312984 www.ccf.lt
  • Marks and Spencer Gedimino Prospekt. 20/1, Vilnius –Tel: +370 5 266 00 88 http://www.marks-and-spencer.lt

Retro Bottega à Paris – une cave à vins à l’Italienne près de Faidherbe /// Retro Bottega in Paris – an authentic Italian wine/food cellar close to Faidherbe

[— scroll down for an English version — ]
Pietro ancien sommelier de chez Rino a décidé de voler de ses propres ailes , et d’ouvrir dans la quiétude de la rue Saint Bernard une « cave à manger », soit une cave/épicerie italienne/restaurant avec terrasse aux beaux jours/ chaises à l’intérieur en hiver.

A des années lumières des multi-concepts culinaires italianisants dénués d’âme, les matières premières provenant de petits producteurs sont simples, authentiques et efficaces: charcuterie tranchée minute (écarlate jambon de Parme, artisanale coppa de Calabre, délicieuse mortadelle), épices et taralli débordant de sacs en papier dans un joyeux bazar, fromage italien à foison,  fougasses alla pugliese mi-fromage, mi-légumes  et enfin excellents petits plats du jour généreux en soleil.

Surtout Pietro a l’art et la manière de vous ravir avec d’excellentes bouteilles de son Italie natale (beaucoup de vins naturels), à emporter ou déguster sur place.  C’est magnanime, il y en a partout, c’est très bon.

  • Adresse:

  • Retro Bottega 12 Rue Saint Bernard – 75011 Paris, Tel : 01 74 64 17 39

English version:

Pietro, the former wine keeper of chez Rino decided to open in the quiet rue Saint Bernard  a « cave à manger » (literally « food cellar »), which consists of  a wine cellar, an Italian delicatessen, plus a restaurant with a terrace.

Far from the too numerous  so called Italian restaurants  in Paris, here any  ingredient has been carefully selected  and  comes from small producers: delicatessen, scarlet Parma ham, coppa from Calabria, fresh mortadella, spices, crispy taralli, Italian cheese, breads from Puglia made with sunny vegetables, delicate Italian specialties etc. Pietro knows how to make it simple and yet authentic. He serves also excellent wines from his country (many natural, unfiltered wines) to drink there or to take away. A generous, sunny spot.

La Chocolaterie de Jacques Génin (Paris)… Quelques carrés de félicité dans le Haut Marais /// Jacques Génin Chocolaterie (Paris) few grams of chocolate bliss in the Haut Marais…

[— scroll down for an English version — ]
Jacques Génin est une référence en matière de chocolat et de pâtisserie. Avant de se lancer dans sa propre aventure, il fut tour à tour un chef doublement étoilé, l’ancien pâtissier à la Maison du Chocolat et le fournisseur en chocolats et confiseries des plus grands palaces. Afin de révéler son travail au grand public, il a ouvert dans le cœur du Haut Marais une spacieuse chocolaterie aux murs en pierre apparente, mi- boutique de chocolats et pâtisseries, mi-salon de thé. Nous y sommes allés à plusieurs reprises et à plusieurs saisons pour y gôuter les pâtisseries, les caramels et bien évidemment les chocolats.

Pour tester la maestria du chef, j’ai commencé par une mise en difficulté: la patisserie la plus anodine, banale et simple requérant pourtant de l’inventivité et de la fraîcheur et avec laquelle  il est impossible d’improviser, le flan. Or celui de Génin, aussi innocent qu’il y paraît, regorge de grains de vanille puissants en arôme qui ne prennent  pourtant pas le dessus sur la fraîcheur de la crème et des œufs. La suite n’est que finesse et force du même acabit, l’éclair au chocolat peu sucré, révèle un cacao d’une belle longueur détrônant ses concurrents en une bouchée, le Paris-Brest à la pâte à chou si réussie est un nuage de bonheur. Quant aux chocolats, qu’ils soient parfumés aux plantes, aux épices ou qu’ils soient de précieux crus bruts, chaque quadrilatère vous parcourt mentalement. Vraiment.

Chez Génin, on pousse la perfection jusqu’à vous servir des préparations exécutées quasiment en temps réel, comme ce prodigieux mille-feuilles au chocolat à la préparation minute qui descend littéralement du ciel (aka le laboratoire du premier étage) pour fondre dans votre palais.

Idéal le dimanche en fin d’après-midi (c’est ouvert) et particulièrement les jours de morosité hivernale pour aller chercher sa dose de perfection, son carré de félicité, son inoffensif shoot de douceur, car oui parfois nous vivons dans un monde de brutes.

  •  Adresse:
  • La Chocolaterie de Jacques Génin 133, rue de Turenne – 75003 Paris, Tél. : 01 45 77 29 01
English version:

Jacques Génin is a chocolate and a patisserie expert. Before launching his own company, he used to be the official pastry chef at the very famous Maison du Chocolat and the chocolate supplier of the biggest palaces all around the world.  In the heart of the Haut Marais, he decided to open his own tea salon/shop to share with a larger audience his work. We have been there several times to taste the fresh pastry, the caramels and of course the chocolates. The very freshness and the high quality of the products have been steadily guaranteed.

Try the very traditional « éclair au chocolat » (one of the best of the city) not too sweet with a strong chocolate full of flavour or the Paris-Brest made up of a light pâte à choux (doe) and a delicate praline flavoured cream.  As Génin is a perfectionist, some pastries are prepared just for you on real time, such as the amazing chocolate mille-feuille (made up of layers of puff pastry, chocolate custard and whipped cream), which seems to come straight from heaven (actually the lab-kitchen on the second floor) to melt in your mouth. The best is yet to come: the chocolates. Whether flavoured or not, each piece gives you a shiver down the spine followed by a certain satisfaction.  The place is perfect whenever you are a bit down to cheer you up with some comforting, sweet grams of perfection.

A la recherche du brunch idéal à Paris: deux Anglaises et le continent (le BAL), une Américaine à Paris (Merce & the Muse)

Le Bal Café

La quête est noble: trouver un brunch Parisien idéal. Varié, créatif, où l’on mange bien sans que la formule frise l’arnaque et/ou qu’elle soit approximative, mauvaise, pressante. Un lieu confortable et apaisant pour ne pas heurter le délicat Parisien au repos. On semble demander la lune… Deux adresses testées ci-dessous, deux Anglaises versus une Américaine, un verdict à la fin.

Round 1 – en septembre dernier s’est ouvert le BAL. Cet ancien ballroom des années trente où on venait s’encanailler près de la Place de Clichy a été totalement réhabilité pour être transformé en lieu d’exposition et de rencontres mettant à l’honneur l’image documentaire (photo, cinéma, vidéo). Niché dans une impasse au nom incroyable, bien connu des habitants du quartier et des fans de photo, le BAL c’est aussi un café-restaurant graphique et lumineux où officient deux Britanniques, anciennes du Rose Bakery. Dès 10h et l’après-midi c’est un salon de thé, le midi et le soir un restaurant. La carte est changeante au gré des saisons à fortes influences d’outre Manche totalement assumées. Elle peut être parfois surprenante mettant brillamment en scène des aliments souvent boudés tels les abats (tête de porc fondante ou délicieuse salade de cœur de bœuf aux petits oignons sans tomate évidemment) ou des légumes délaissés (soupe hivernale de panais). La superbe du brunch du week-end, du pie salé, des scones et des desserts est constante, la carte des vins intéressante.

Le Bal Café

Round 2 – Ouvert il y a peu par une Américaine, Merce & the Muse est un coffee shop échappé de Brooklyn en plein haut Marais: de l’accent new-yorkais, un percolateur artisanal, un mur briqué blanc et un comptoir comme là-bas, un café latte respectant les règles de l’art, du cake à la carotte, des scones à la framboise, du salé « homemade », tout y est. Enfin presque, Merce & the Muse est parfait pour une pause nostalgique, un américain allongé rapidement pris dans la journée ou un brunch/déjeuner poids plume entre demoiselles, mais totalement inadéquat pour un repas pantagruélique ou une inventivité quelconque, c’est bon –sans plus- et convenu, vous voilà prévenus.

Verdict: entre l’Américaine et les Britanniques, la palme du goût revient à ces deux dernières. Haut la main. La quête se poursuit.

Le luxe accessible à Anvers

Il y a plus  de mille raisons  d’aller à Anvers: pour ses églises et leurs Rubens monumentaux, pour les chefs d’œuvres de ses musées (notamment les Rembrandt, Cranach et le magnétique Vierge à l’Enfant avec séraphins de Jean Fouquet au musée royal des Beaux-Arts), pour son Académie de la mode, son zoo, ses diamants, ses pépites nocturnes, ses docks, ses bars et dance-floors, son architecture ancienne ou ultramoderne, son élégance mâtinée d’impertinence, sa richesse, sa créativité ou encore pour son immense faculté de se réinventer en permanence malgré sa taille modeste etc.

Le mois dernier, nous y étions un peu pour toutes ces raisons mais également pour un motif beaucoup plus trivial mais ô combien nécessaire: aller dénicher en une poignée d’heures les meilleures adresses de vêtements vintage et dégriffés de créateurs (homme et femme) de la ville.

Les friperies de la cité scaldienne sont aux antipodes des échoppes sombres où  sont empilés des vêtements à la Mad Men regorgeant de poussière et de mauvaises surprises embaumant la naphtaline. Elles sont claires et aérées, proposent des vêtements et accessoires hommes et femmes de marques ultra pointues d’une voire de deux saisons précédentes.

Le parcours – ou plutôt le carnage – a commencé chez Rosier41 (d’après nous la meilleure adresse dévoilée par un quasi autochtone ultra connaisseur): principalement des créateurs  pointus Belges et leurs coupes impeccables (Dries van Noten, Margiela, Haider Ackermann, Ann Demeulemeester, Kris van Assche, Raf Simons .. ) ou internationaux (Balenciaga, Balmain, Acne, McQueen, MiuMiu, Prada, Jil Sander, YSL..) à des prix égalant ceux du haut de gamme de chez Zara. On y a trouvé une jupe Balenciaga, une robe Haider Ackermann, et un haut Carven à des prix tellement indécents par rapport à ceux d’origine que la culpabilité ne pouvait nous ronger.

Bis repetita chez Labels Inc. où se retrouvent les étudiants en mode qui y dénichent des pièces hommes et femmes de créateurs (les précités) en faisant de belles affaires (une chemise en soie Dries Van Noten à 80 euros ou un magnifique manteau Marni framboise écrasée pour 150 par ex.). Tout y est malheureusement trop tentant et toute résistance inutile.

Ensuite, direction Ra,  LA boutique de référence à Anvers, véritable laboratoire du vêtement ouvert il y a à peine un an par un Français et une Russe de Sibérie tous les deux diplômés de l’Académie Royale. Ce concept store sur deux niveaux (et café) propose des pièces de très jeunes créateurs et artistes ou de créateurs tout court (Opening Ceremony, Bless, Henrik Vibskov etc.) qui rappellent que la mode peut être ambitieuse, excentrique et impertinente tout en étant portée tous les jours.

Nos envies dépensières furent quelque peu stoppées jusqu’à ce que nous tombions devant la boutique Outlet de Ra où les pièces invendues des saisons précédentes de la boutique éponyme vous attendent bradées (un polo et un jean Kitsuné à 40 Euros chaque), les hostilités s’y sont donc poursuivies.

Les bras remplis de sacs, le compte en banque vidé,  nous sommes ensuite allés prendre le large sur le vieux port pour admirer le nouveau bâtiment du Museum aan de Stroom (le musée de l’ethnographie, de la navigation et du folklore) conçu par Neutelings et Riedijken, et dont la mosaïque ornant le parvis a été créée par Luc Tuymans. Cet imposant édifice fait de pierre de sable rouge et de verre savamment ondulé abrite à ses pieds  l’agréable  terrasse du café Storm, idéal pour siroter une bière tout en admirant le soleil couchant se refléter sur les parois ocres du musée, avant de repartir de plus belle pour de nouvelles explorations vespérales.

Bon à savoir, une fois par an les plus grands créateurs locaux organisent la fameuse Antwerp stocksales week, une semaine braderie où leurs boutiques ouvertes au public proposent des  vêtements et accessoires jusqu’à -80% de réduction par rapport à leur prix initial (pour avoir les dates exactes chaque année une petite recherche google s’impose car il n’existe pas de site officiel). PS. een grote dank aan @Alexis en @Octave